Un peu de tri !

vendredi 27 mars 2015

VDV #74 : SOIF !

Déjà la 74ème édition des vendredis du vin. Et ce mois-ci, c'est Fred Truchon agitateur forézien, un poil chauvin, de la glouglousphère qui s'y colle. Le genre de gars qui dès qu'il le peut, vous fait passer les volcans du Massif Central, voire même ceux du Pacifique, pour de vulgaires amas de purée au jus de viande en comparaison des pets de nonne qui compose sa campagne... Mais voilà, il est tout excusé, car le monsieur arbore aussi un certain savoir vivre. Faisant l'apologie des cochonneries de premier choix, le garnement aurait aussi tendance à abuser du tire-bouchon. C'est qu'il en faut du jus pour absorber casse-croûtes et autres boustifailles dominicales ! Et face à la générosité de ce coup de fourchette, il est certain que le vin doit venir jouer les premiers rôles, ne pouvant se contenter de venir remplir le verre tel un condiment sur le bord de l'assiette. Il faut encourager les glissades, entretenir le vortex du gosier.

Le thème était donc tout trouvé. Ce mois-ci, nous causerons hydratation et survie liquide. Ce mois-ci, le vin jouera les secouristes. Ce mois-ci parlons du vin qui désaltère.

En effet, quand certains préfèrent ajouter quelques glaçons dans leur godet pour se rafraîchir l'haleine, d'autres ne cèdent pas à la facilité et choisissent de changer l'eau en vin... Bizarrerie déraisonnable ? Je ne crois pas... Simple mesure de précaution à l'heure d'allier l'utile à l'agréable. À l'ombre d'une tonnelle, à la table d'un dimanche en famille, en mesure préventive avant d'affronter le dessèchement contraint par un fautif barbecue, il est parfois nécessaire de prévoir une hydratation de qualité, surtout quand quelques verres à pied ont décidé de nourrir la bonhomie de ce genre d'instants.

Alors, ils accourent. Ces vins, dévoués à la noble cause, n'ont pas de nom, mais on les connait. Ils ont une place de choix dans notre cave, souvent le casier ou l'étagère la plus accessible. Si on voulait les affubler d'un petit sobriquet, on parlerait peut-être de chair à canon, tant leurs rangs se font décimer avec une aisance à faire pâlir n'importe quel stratège militaire. Mais bien heureusement, s'ils vont au front, c'est avant tout pour faire don de leur générosité liquide. Ils sont un peu les Laurent Voulzy de la lutte armée... (Changer le monde avec des bouquets de rosé bien frais...)

Sans réel uniforme, ils ont tout de même quelques attributs communs. D'une fluidité sans pareil, ils glissent sans commune mesure sur les pentes alertes des gosiers les plus abrupts. Des jus faciles arborant le plus souvent la fougue d'une jeunesse insolente. Calibré à minima, on leur préfèrerait le plus souvent le format magnum. Blanc, rouge ou rosé, peu importe leur teint, ils feront rosir nos pommettes. Servis un peu frais, leurs tanins ne vous en voudront pas car ils ont le plus souvent le tranchant d'un couteau à beurre. Bref, de vrais bons copains, livrant à qui le veut, le fruit de leurs entrailles. Ici, point d'étiquette, ni de descriptif pompeux. Non, le vin qui désaltère ne s’épanche nullement sur un éventuel dessein littéraire. On le boit, on profite de sa fraicheur, de son fruit, de son évidente naïveté, et c'est déjà beaucoup...
Montage créé avec bloggif
Voici donc une sorte de menu déroulant de mes réservistes de ces derniers temps, malheureusement pour eux, plus aucun d'entre eux n'est à l’abri sous sa capsule...
Je profite aussi de l'occasion qui m'est donnée de pouvoir vous parler de ces glouglous du quotidien, pour vous causer de ma dernière trouvaille en la matière. Un jus ligérien, ayant planté ces racines du côté de Cheverny. Un assemblage de pinot et de gamay saupoudré d'une pointe de cabernet-franc qui vous lave les papilles en y déposant gracieusement un petit panier de fruits rouges. L'Envol, un vrai canon de soif, façonné avec évidence par Jocelyne et Michel Gendrier au Domaine des Huards. Trouvez-en un carton, quelques tranches de jambon ou autres cochonnailles rendant hommage au président du mois et vous en manquerez avant d'avoir eu le temps de vous apercevoir que votre stock si chétif est déjà épuisé. Une pépite, abordable, comme tous ces petits bonheurs liquides qui peuvent jalonner le quotidien simple, gourmand et joyeux des esthètes du verre et de l'assiette.



4 commentaires:

  1. Ah quelques uns parmi mes favoris David, Huards par exemple

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  2. L'envol est une jolie cuvée de soif; leurs vins blancs sont originaux et les romorantins tiennent admirablement la garde !

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  3. Prix abordable et agréable en bouche ! L'envol du domaine des Huards est parfait pour les amateurs de vin ne souhaitant pas se ruiner.

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