Comme souvent cette nouvelle histoire de bonne boutanche commence autour d'une table...
Comme souvent on y retrouve des copains et de la bonne bouffe...
Trois kilos de côte de bœuf et quelques préliminaires caloriques embarquèrent ainsi pour quelques heures un flot de réjouissances liquides des plus opportuns à l'heure où l'été frappe les nuques sans retenue. Que voulez-vous, on ne se refait pas.
Bref, c'est au cœur d'une enfilade de flacons digne d'un embouteillage estival que se glissa notre cinsault du jour. Une bouteille un peu particulière car aujourd'hui presque disparue de la circulation. Mais cela nous n'en savions rien car arrivée emmitouflée dans une chaussette de velours, la belle ne nous dévoila pas toute son histoire dès les premiers instants de notre rencontre. Et en toute honnêteté cela fut préférable car j’espérais tellement croiser ce flacon qu'il eut été difficile d'en parler autrement qu'avec le regard d'une enfant face à un troupeau de licornes...
Nous partons donc du côté d'Espira de l'Agly, à quelques encablures de Tautavel, au cœur des Pyrénées-Orientales, sur notre Route 66 à nous. Là-bas sévissent avec talent les frères Danjou, Benoit et Sébastien, dont je vous avais déjà parlé il y a quelques temps déjà, lors d'une visite au domaine. Recroisés dernièrement, à l'occasion d'un repas mémorable dans notre belle ville rose, je puis vous assurer qu'ils se portent toujours très bien et que leurs vins sont toujours aussi plaisants ! Quel plaisir de regoûter à leur cuvée de carignan gris, une Truffière bien nommée que je place sans sourciller au sommet des vins blancs de la région. Et que dire des Myrs, un carignan cousu main dans une dentelle d'épices aussi fine que vivace...
Dans un premier temps un peu austère, le vin présente un grain un peu rustique et une aromatique légèrement en dedans. Sûrement servi un peu trop frais, le cinsault boîte un peu. Mais après service d'un verre, en reprenant la chaleur, c'est un tout autre vin qui se présente. Vif, souple, Espurna fait maintenant des étincelles. Plein de charme, s'écoule du verre des notes de figue et de framboise soutenues par l'élégance d'une touche balsamique qu'une pointe fumée vient tendrement colorer. Comme la caresse odorante d'un cigare balayant la patine d'un jukebox où tournerait un bon vieux blues, le vin joue sa partition avec le grain délicat et chaleureux d'une vieille Thorens appliquée. Regoûté le soir, on ne bascule en rien sur de la mélodie de face B, c'est encore très bon, sinon meilleur, le vin semblant avoir pris de l'allonge et de l'assurance.
David Farge "ABISTODENAS"
CINSAULT(veur) à la carte...
Mais leur cinsault est une toute autre histoire. On ne parle pas là d'un de ces vins de gobelet remplissant les verres pour rincer les gosiers, rafraîchir les glottes, à grosses lampées de jus de fruits. Non, Espurna, c'est une petite parcelle livrant à dose homéopathique ses quelques grappes de cinsault au travail méticuleux des frères Danjou. Si mes chiffres sont bons, ces quelques souches immergées dans un bain de schistes auront permis de vinifier la quantité pharaonique d'environ 500 bouteilles en 2011, à peine un peu plus en 2010. Et au delà de cette production clairement anecdotique, c'est le caractère donné à ce vin de part ses 20 mois d'élevage sous bois qui confère une personnalité si particulière à cette bouteille.
Sur cette version 2010, le cinsault arbore une réelle structure et comme je le disais plus haut, on est loin des tisanes glouglou pour hipster parisien.
Dans un premier temps un peu austère, le vin présente un grain un peu rustique et une aromatique légèrement en dedans. Sûrement servi un peu trop frais, le cinsault boîte un peu. Mais après service d'un verre, en reprenant la chaleur, c'est un tout autre vin qui se présente. Vif, souple, Espurna fait maintenant des étincelles. Plein de charme, s'écoule du verre des notes de figue et de framboise soutenues par l'élégance d'une touche balsamique qu'une pointe fumée vient tendrement colorer. Comme la caresse odorante d'un cigare balayant la patine d'un jukebox où tournerait un bon vieux blues, le vin joue sa partition avec le grain délicat et chaleureux d'une vieille Thorens appliquée. Regoûté le soir, on ne bascule en rien sur de la mélodie de face B, c'est encore très bon, sinon meilleur, le vin semblant avoir pris de l'allonge et de l'assurance.
Un vrai cinsault de gastronomie qui saura affronter les années tel un bourguignon sudiste en cavale. On remet ça quand vous voulez ! Danjou... Feu !
David Farge "ABISTODENAS"
_______________________________________________________________________
CINSAULT(veur) à la carte...
Carte des cuvées de cinsault dégustées sur le blog :





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire