Un peu de tri !

mercredi 8 avril 2015

Disney Club végétarien...

C'est peut-être un signe des temps, un révélateur de la pensée d'aujourd'hui, à moins que ce ne soit simplement une de ces nouvelles argumentations à la noix (de veau) que peuvent nous pondre les annonciateurs de la saine pensée. Oui, car aujourd'hui quand on veut convaincre, il n'y a pas trente-six solutions. On peut évidemment se perdre dans les méandres du simple raisonnement cartésien, mais cela signifie devoir s'expliquer, prendre du temps, accepter que d'autres ne soient pas du même avis, etc, etc...

Alors que...
Source : Facebook Association Végétarienne de France
Alors qu'il est tellement plus simple de s'offusquer, de sortir les violons, de jouer la pseudo dérision. Il est tellement plus simple de faire vibrer la corde sensible, de miser sur le tout affectif, de jouer l'infantilisation des masses. 

Mais non, sur Internet ou ailleurs, le pékin moyen n'est pas qu'une poche lacrymale, un cœur en guimauve, ou un enfant maintenant adulte, mais malgré tout, encore sous le choc de son premier visionnage de Bambi ! Et pourtant...

À y regarder de plus près, sous cette injonction de cour de maternelle se cache maladroitement le dogmatisme d'une frange d'ayatollahs proposant à qui veut l'entendre (ou pas) une sorte de gloubiboulga indigeste servant de plaidoirie à la cause végétarienne. Je n'ai rien contre les végétariens (j'ai d'ailleurs un ami...), comme je n'ai rien contre les fans de Star Wars ou les bouddhistes, chacun sa religion, ses croyances ou ses convictions. Non, ce qui me hérisse le poil c'est le propos qui se cache derrière l'intitulé. Car au même titre que l'on se mettait à crapoter en cachette des cigarettes pêche-abricot derrière le préau du collège constellé de tags au romantisme douteux, il semble qu'un de ces nouveaux signes d'appartenance idéologique en vogue ici ou là soit la criminalisation du viandard inculte ayant oublié d'évoluer depuis la préhistoire, et ainsi, c'est évident, de sauver le petit agneau que vous pouvez admirer un peu plus haut.

Que c'est mignon ! Et derrière le slogan immaculé se détachant de ce fond d'herbe fraîche baigné de soleil, un ramassis d'inepties dont il semble légitime de se demander s'il ne serait pas l’œuvre d'un groupe d'ados carencé en guimauve.
Je vous passe les détails, mais dans les entrailles de cette discussion aussi vide qu'un œuf Kinder®, sachez tout de même que le propos se veut engagé : quand certains applaudissent cet élan de pacifisme envers les bébés animaux, d'autres tentent la radicalisation en brandissant la perversion du lait présent dans le chocolat, s'ils ne font pas, dans un élan de dévotion hypocalorique, l'apologie du repas de famille version ascète, à base de graines et autres résidus de soja à la provenance douteuse. J'exagère à peine, mais c'est de bonne guerre. Que voulez-vous, chez les extrémistes en tout genre, la base à parfois un peu de mal à contenir son propos, se laissant souvent aller à quelques extrapolations intéressantes...
Car le problème est tout autre, quand moi, le carniste (sic) perverti à la protéine animale, je deviens le mal absolu avec mon lapin de Pâques (oui, je n'avais pas d'agneau, et le lapin c'est aussi très bon, nous en reparlerons plus bas), le vegan, lui, ne s'offusque pas de la provenance plus ou moins labellisé de son panier militant. Oui, au delà du choix de régime alimentaire, c'est avant tout de ça dont il faut causer sérieusement. D'où viennent vraiment vos emplettes du samedi ? Végétarien, viandard ou sans étiquette, qu'on ne me fasse pas gober que le militant de tout bord remplit exclusivement son cabas à l'AMAP du coin. Et qu'on ne vienne pas m'emmerder avec le bilan carbone de mon lapin de Pâques, car celui-ci, dans son village voisin, tout juste s'il n'avait pas une vue dégagée sur ma cocotte fumante, le coquin. 
Ainsi, j'ai l'impression qu'au pays de la tartuferie alimentaire on se trompe un peu trop souvent de combat. Et qu'une bonne dose de larmes peut parfois noyer allègrement le vrai problème de l'assiette française. Car oui, comme mes copains de l'Association Végétarienne de France, je m'insurge contre l'élevage intensif et industriel, comme eux je pense que bouffer des résidus de poulets camouflés sous un peu de panure relève de la malnutrition, et comme eux j'ai versé ma larme à la mort de la mère de Bambi. Mais aujourd'hui si le végétarien n'est en rien un simple bouffeur de tofu hystérique à la vue d'un cou farci, l'adepte d'une cocotte de lapin ou d'un carré d'agneau de lait de chez Cathy Aimé n'a rien à foutre dans le box des accusés aux côtés des plus sombres attitudes de l'humanité...
Source : http://www.vegetarisme.fr/veni-vidi-veggie-episode-5/
Et si faire des choix personnels est une chose, tomber dans l'obscurantisme d'une énième guerre de religion dans laquelle le simili cuir, les fraises de Noël et le steak de soja seraient les standards d'un nouvel âge d'or sociétal en est évidemment une autre. Que l'on vienne me causer du mieux et moins manger, de terroir, de saisonnalité des produits ou de combat contre la grande distribution, le tout, autour de quelques verres vin, et je retrouverai certainement un peu mon calme, en attendant, je retourne à ma cocotte. Un lapin bien doré, quelques oignons, quelques carottes, un peu de thym, une grand verre de ce fabuleux nectar jurassien et une pointe de crème, le temps que le vin prenne un peu d'ampleur dans le verre et nous passons à table. 

Vous prendrez bien une cuisse de lapin ou vous préférez me tomber sur le râble ? 

3 commentaires:

  1. Je suis végétarien. Aussi anglais et donc deux raisons à me juger suspecte! Je ne mange pas de viande depuis 2001 et je n'ai aucune envie de la manger. C'était un choix consideré, plusieurs causes morales, de santé etc. Pas moins que chaque jour pendant la crise fièvre aphteuse de 2001 j'ai conduit à côté des champs pleins des corps des animaux brûlants. Spectacle affreux et qoutidien pendant des mois.
    Mais c'était un choix pour moi, personnel. Ma femme continue à manger la viande et c'est son choix. Ca c'est comme il faut. Une campagne des affiches infantiles ne sert qu' à gêner et à fâcher. Campagne embettante!

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    1. Comme tu l'as compris Alan il ne s'agit aucunement de juger des choix personnels de chacun. Mais il est aussi possible de considérer que la qualité de ce que l'on mange est un combat sociétal d'une toute autre envergure...

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