ATTENTION ! Après la neige l'hiver, voilà qu'un nouveau désagrément saisonnier vient entacher la saison estivale :
IL FAIT CHAUD.
Et si l'on devait définir cette chaleur insoutenable, j'oserai même vous dire que ce sont les grands mots qui sont employés : on parle de canicule ! Pensez donc, on a relevé jusqu'à 48°C dans l'habitacle d'une Fuego non climatisée, Porte de la Chapelle, sur un périph pas encore totalement en vacances.
On vit quand même à une époque où il faut dire aux gens de boire et de se foutre à l'ombre quand il fait chaud, sinon ils meurent.
— Le Vilain (@LeVilainBD) 1 Juillet 2015
Trêve de plaisanterie, quand il fait chaud, il fait chaud, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai planté un érable misérable dans mon jardin et que dans trente ans peut-être, on pourra y manger dessous. Erreur de timing ou optimisme débordant, la forte symbolique que peut représenter ce premier arbre trônant tel un coton-tige sur le terrain m'empêche d'y toucher, alors il y reste !
Bref, le problème des retraites en passe d'être résolu, force est de constater que les retombées d'une telle vague de chaleur sont malheureusement aussi loin d'épargner nos chers vignerons qui voient en ce moment même leur future récolte griller comme un banc de hollandais sur les plages du Cap d'Agde. Regrettable...
Bref, le problème des retraites en passe d'être résolu, force est de constater que les retombées d'une telle vague de chaleur sont malheureusement aussi loin d'épargner nos chers vignerons qui voient en ce moment même leur future récolte griller comme un banc de hollandais sur les plages du Cap d'Agde. Regrettable...
Malgré tout, en tant que consommateur passionné un poil égoïste pour le coup, comme ces derniers jours tout le monde y va de ses petits conseils* "canicule", je m'en vais vous livrer, moi aussi, mon petit wagon d'astuces afin de franchir au mieux cette étape difficile de l'année. Et pour cela, rien ne vaut un efficace décryptage de ce message délivré un peu partout sur vos écrans, à la radio ou dans la rue, par le ministère de la santé.
Maintenir la maison au frais : fermer les volets le jour.
Bon, en gros on nous demande de rester cloîtré chez nous, de n'ouvrir à personne, même pas aux témoins de Jéhovah. Et donc... de faire des provisions. Et là, je vous vois venir, vous qui n'avez pas de cave dans votre petit appart' parisien. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai la solution : le bag in box ! Il est beau, il est pas cher, tient sans problème dans le frigo, et comme il fait chaud et que tu n'as peut-être pas envie de te décoller les gencives avec les tanins acérés de ton traditionnel rouge hivernal servi réchauffé au bord de la cheminée, c'est un rosé.
Le Bon, la Brute et le Friand, le petit rosé du Domaine Luc Lapeyre basé à Trausse-Minervois, assemblage de cinsault, grenache et cabernet, justement surnommé le tueur de soif. 5 litres, environ 15 euros, en bio, 11,5°, du petit fruit, léger et surtout pas compliqué.
Donner et prendre des nouvelles de ses proches.
Là, je ne vous fais pas un dessin. Quel est le meilleur moyen de s'occuper de son prochain ? L'inviter à l'apéro, évidemment. Et j'ai évidemment ce qu'il vous faut pour l'occasion. La dernière fournée d’Étienne Fort, un crémant de Limoux vif et rafraichissant, non dosé, qui développe une aromatique entre fruits blancs, agrumes et joli bouquet floral. Une très belle bulle pour à peine plus de 10 euros, sans la lourdeur d'un mauvais champagne loin d'avoir été acheté à vil prix au supermarché du coin. Monsieur S, j'adore !
Manger en quantité suffisante.
Voilà le point sensible. Il semblerait que la chaleur coupe l'appétit de certains de nos compatriotes. Pour remédier à ça, rien ne vaut une boisson capable de faire glisser tout en légèreté les menus les plus divers qui agrémentent nos tablées estivales. Grillades, taboulet, tian de légumes, tartares... Autant de plats que vous retrouverez immanquablement à l'heure du passage à table. Et là, pour éviter de retomber sur le canon hivernal dense et accrocheur, voici de quoi se rafraichir la glotte, sans pour autant déroger à la tradition de la bouteille de rouge arrosant les grillades.
- Dans le coin gauche, un condensé de fraicheur mêlant cinsault et syrah en parts égales, ayant grandi sur les terres hostiles de Fitou, une infusion douce et agréable se jouant des palais adultes comme d'un toboggan de piscine olympique, j'ai nommé : Ché Chauvio 2014 du Domaine Les Enfants Sauvages en Côtes Catalanes !
- Dans le coin droit, celui qui se prend pour un rosé, mais qui a tout d'un petit rouge sudiste avec l'accent pointu d'un beaujolais en sombrero. Une macération très courte de cépages locaux, pour un résultat tout terrain dès que le mercure fait chauffer le skaï noir de la voiture familiale. Un jus fluide et léger pourvu d'une réelle profondeur gourmande. Du petit fruit rouge, de la groseille en veux-tu en voilà, et l'agréable faculté de te faire glisser un coustellou bien doré au fond de l'estomac en un temps record. Il s'agit d'Unanit 2014 du Domaine Danjou-Banessy en côte du Roussillon.
Boire régulièrement de l'eau, ne pas boire d'alcool.
Totalement d'accord avec l'assertion ci-dessus. Il n'est pas incompatible de boire de l'eau tout en profitant d'un bon verre de vin. On évitera juste de diluer son pinard avec des glaçons, car comme expliqué plus haut : 1- on a le frigo ; 2- on peut pas bouger de chez nous ; 3- donc on a le frigo. On peut aussi laisser sa bouteille au frais dans un seau à champagne (mais ça marche aussi avec un seau de plage, don't worry) remplit d'eau fraiche et de glace. Boire entre les repas semble être aussi une bonne solution, surtout dans un coin comme le notre, contrée lointaine où le pékin moyen bouffe une miche de pain par repas et qui n'a pas forcément envie de se retrouver comme un canard amorphe au bord de son lac après le passage d'un bus de retraités et de leurs baguettes rassies.
Concernant la seconde partie de cette nouvelle recommandation, j'aurais juste envie de rappeler qu'un peu de mesure dans le propos ne serait pas de trop. À l'heure où des milliers de brochettes d'ados bientôt au chômage vont fêter leur bac à coups de whisky/coca ou de je ne sais qu'elle merde sucrée qui bourre bien la gueule, je pense qu'un peu d'indulgence serait la bienvenue quand par méprise un verre de blanc régional se substitue au Château La Pompe normalement de rigueur. Surtout quand il s'agit de la famille Ribes, au Domaine Le Roc, nouveaux "meilleurs amis" de mon père, ayant semble-t-il trouvé là-bas une nouvelle source intarissable de jolis vins accessibles.
Là, on parlera de leur blanc, un peu atypique car assemblage de chardonnay, sémillon, muscadelle et viognier. Un blanc riche que l'on réservera à la table, sur quelques calamars ou autres couteaux saisis à la plancha. Un beau petit canon qui pour moins de 10 euros saura habilement mêler volume, gourmandise et tension dans un vrai concert joyeux de fruits blancs bien juteux.
N'en jetez plus, la coupe est pleine ! En suivant efficacement ces quelques recommandations sérieuses du Ministère de la Santé, à vous l'été gourmand et rafraichissant.
J'oubliais une dernière consigne :
Éviter les efforts physiques.
Pour cet ultime point, je pense qu'il ne devrait pas y avoir de problème à contenter notre ministre. À moins que je ne cède à l'appel de l'ultime breuvage que vient de rentrer mon caviste voisin. Situé à 300 mètres de chez moi, en haut d'une côte que mes tongs abordent à chaque fois comme un peloton de sprinters s'engageant dans l'Alpe d'Huez, ce coquin vient en effet de recevoir quelques magnums de la fameuse cuvée 910 de Julien Guillot. La synthèse ultime du vin de soif, un assemblage à l'ancienne de gamay, pinot et chardonnay complantés, reconstituant le travail des moines de Cluny, onze siècles plus tôt. Une tuerie pleine d'élégance, de finesse, proposant un équilibre envoutant autour de notes poivrées et de baies sauvages. Un (f)estival bourguignon de grande envergure !
Allez, passez un bel été et restez au buvez frais **. Et surtout n'oubliez pas, si jamais vous voyez quelqu'un victime d'un des signaux d'alerte ci-dessous, demandez lui s'il a respecté ces quelques recommandations, car après quelques verres de Rosé Piscine ou autres jus aussi alertes qu'un seconde ligne au départ du Tour de France, il n'est pas rare que quelques symptômes regrettables se fassent sentir...
* Voici ICI quelques recommandations venues de Belgique et LÀ une autre solution à ces fortes chaleurs en direct du Forez.
** Et n'oubliez pas de conservez votre vin comme si c'était un petit vieux en maison de retraite, car un coup de chaud pourrait anéantir tout plaisir futur...
David Farge "ABISTODENAS"









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