Un peu de tri !

samedi 26 septembre 2015

VDV #78 : Il ne faut pas vendre la peau du cul avant de l'avoir sur les os.

C'est avec cette 78ème édition que je reprends du service sous les couleurs des Vendredis du Vin. Une 78ème édition placée sous le signe de l'épiderme, dans un triptyque un peu chancelant débuté l'an dernier par un épisode faisant l’éloge du gras (et qui se terminera en novembre par une ultime thématique que j'aurai l'honneur de vous proposer). Ce mois-ci, donc, sous la présidence de notre icône belge Sandrine Goeyvaerts, actuellement plus libre que nous tous, du fait du néant rugbystique de son pays, nous allons donc disserter un brin sur le thème de la peau.

Oui, car il faut bien l'avouer, en cette période de Coupe du Monde, le clavier s'use clairement moins que la télécommande ou le tire-bouchon. Que voulez-vous ? Mater un France-Italie sans un godet, ce serait comme bouffer des moules sans un cornet de frites, si vous me permettez l'analogie.

Continuons donc un instant cette digression rugbystique, parce que malgré le fait que nous frôlions l'excellence en terme de lever de coude, une fois les hymnes entonnés, il n'en reste pas moins que la critique de comptoir reste une autre des spécialités régionales du pays de la gonfle.
Et là, je dois bien l'avouer : heureusement que le pinard est là, car entamé ce derby transalpin, le peu de confiance que nous avions en ce XV de France se réduisit comme peau de chagrin au fil des minutes d'un match aussi inquiétant que poussif. Heureusement que ce cadurcien de Fabien Jouves avait décidé de soigner notre déprime à grosses lampées de malbec. Une bouteille irréprochable, issue d'une petite année ayant bouffé de la grêle. Un jus très joueur : vif et frais comme une ligne de trois-quarts attaquant l'intervalle avec inspiration. Malheureusement, quand votre équipe se nourrit de la seule intelligence du fin stratège toulousain Louis Picamoles, le jeu a forcément tendance à en pâtir un peu... 

Malgré tout, nous aurons eu la peau de nos voisins italiens, mais pas encore celle d'un Christian Jeanpierre aussi convainquant derrière son micro que les ligaments croisés de ce maffré de Yoann Huget.  
Bref, de toute  façon la compet' est lancée, ce n'est plus le moment de faire peau neuve. Faudra se contenter de ce que l'on a...

Heureusement, quatre jours plus tard, c'est la Roumanie qui était sensée nous relancer. Mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours roumain avant de l'avoir joué. Incapables de respecter la règle des 3 P (Pousser, Plaquer, Courir), bouffés sur les rucks, en mêlée pendant la moitié du match, aussi inspirés qu'un refrain de David Guetta, nos bleus ne valaient pas tripette encore une fois. Et notre Goret national de se muer encore un peu plus en sosie officiel de Droopy... Heureusement que le vin allait à nouveau calmer ce public de salon un brin à fleur de peau devant la performance tricolore. Le sauveur fut à nouveau un lotois jouant de l'auxerrois local avec gourmandise et simplicité. Une très agréable Carbo de Julien Ilbert, aussi efficace qu'un cadrage débordement d'école. Si seulement ce canon avait pu inspirer un peu plus l'allant en demi-teinte de nos coquelets bien chétifs pour l'occasion. Et pourtant, quand on culmine presque tous au quintal, avec des cuisses comme des jambonneaux, on est bien loin de n'avoir que la peau sur les os !
Alors maintenant il reste le Canada... Putain, le Canada. Ce serait bien qu'enfin on arrête de réfléchir avec les bras et que nos adversaires aillent brouter un peu avec les taupes, histoire de tester un peu la boue anglo-saxonne réputée pour son effet peau de bébé. En attendant, on est un peu comme tout le monde : perdu face à tant d'incertitude, car la seule évidence, c'est qu'au prochain coup de sifflet, le seul à ne pas rater son coup d'envoi sera le tire-bouchon, fidèle capitaine de soirée et unique point de satisfaction à la veille d'attaquer les choses sérieuses, face à l'Irlande, et sûrement un peu plus après...

Alors, messieurs les Français, ne nous obligez pas à passer à la bière, la cave est encore pleine de ressources, et l'envie de croire en vous quasi intacte. 

Et comme le résumait si bien l'autre : Il ne faut pas vendre la peau du cul avant de l'avoir sur les os !


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